
J'ai testé pour vous :
La page des témoignages
Le but ? Montrer à
tous ceux qui hésitent à franchir le pas qu'il
s'agit d'une
pratique pédagogique comme les autres, qui
nécessite la même
réflexion, avec un tantinet de préparation
supplémentaire,
mais que le "retour" des élèves est vraiment
gratifiant.
Et si cette page pouvait convaincre les sceptiques, ça
serait parfait
!
Quant aux habitués
de la pratique des jeux en classe, oubliez votre modestie et faites
figurer
votre témoignage sur le blog du
réseau !
Par Marie Françoise RAISIN, professeur d’histoire/géographie
1) mon constat
J’enseigne depuis plus de dix ans
à
des élèves en grande difficulté
scolaire ( 6ème,
4ème, 3ème). Lorsqu’ils arrivent, leur
niveau d’évaluation
scolaire est le CM1.
Ils sont farouchement contre les devoirs
et les leçons, n’aiment pas les profs …
et sont opposés
à l’école.
J’ai constaté qu’il leur fallait
une autre façon d’apprendre et c’est
l’apprentissage par le jeu
qui fonctionne le mieux.
Cela créé un lien entre
élèves
et professeur (dialogue, communication orale, écoute de
l’autre)
La création de fiches ou de «
mandalas » les oblige à résumer leurs
connaissances,
revoir leur livre ou leur cahier, mémoriser sans
s’en rendre compte.
Le jeu aide la mémoire visuelle et
auditive et oblige à respecter certaines règles.
Ils aiment jouer ( ce sont des adolescents
!)
2) mon expérience
J’ai donc créé depuis plusieurs années un jeu puis des jeux et j’ai pioché dans le réseau Ludus pour adapter à mes élèves les jeux proposés (programme conforme au référentiel).
J’ai personnellement essayé,
adapté
et définitivement installé les jeux suivants :
- Bénidorm,
- Une journée à Versailles,
- Sword Beach ( avec quelques difficultés)
J’ai créé :
- L’Hermit Pursuit ( jeu avec fiches)
- La boussole, ( pour connaître les
points cardinaux)
- Le puzzle régions.
J’ai l’intention d’en essayer plusieurs cette année du réseau et j’en ai créé un nouveau que je vais mettre en place.
D’autre part, lors de leur arrivée à la rentrée scolaire une chasse au trésor est organisée à travers l’établissement pour leur faire repérer les endroits stratégiques.
Cela évite l’arrivée en classe (enfermés et assis) et créé dès l’arrivée un contact autre avec le (ou les) professeur(s).
Pour les 6ème et 4ème mes évaluations sont les contrôles effectués aussi bien sur les jeux que sur table ; souvent c’est une motivation réelle pour qu’ils cherchent à étudier par eux-mêmes dans leur livre. Pour les 3ème, nous avons une réussite de 70 % au brevet (technologique).
3) quelques conseils :
- n’hésitez pas à
adapter les
jeux selon vos élèves et leurs besoins,
- attention à prévoir du
«costaud»
qui résiste à l’usage car si le jeu est
arrêté,
il y a de la bagarre dans l’air !
- je n’hésite pas à évaluer
mes élèves en contrôle sur les jeux
ainsi ils ont souvent
de bonnes notes et cela leur permet de reprendre confiance dans leurs
capacités,
- je propose mes jeux lorsque mes élèves
ont permanence : ainsi ils continuent à apprendre et les
surveillants
aiment beaucoup cette façon de les occuper.
Si vous voulez me joindre,
n’hésitez
pas à m’envoyer un e-mail
.
par Corinne Vivien, professeur d'histoire-géographie
Après quelques expériences, on comprend que le jeu peut beaucoup apporter à l'enseignement.
Le jeu comme outil pédagogique présente de nombreux atouts. Il permet de " faire une pause " avec le cours dit classique. Au maximum, pour chaque niveau, j'introduis deux jeux par an. Cela donne ainsi du rythme à l'année scolaire.
De plus, les élèves se sentent interpellés individuellement ou dans le cadre du groupe par le cours. Fini les élèves qui s'excluent par manque d'intérêt ou plutôt par manque de réussite. Le jeu permet de les relancer au moins pour quelques temps dans une dynamique positive. Rien à voir avec " le maillon faible"!
Par ailleurs, le jeu donne, aux élèves, une autre image de l'histoire-géographie-éducation civique. Ainsi, en 5e, concernant la chrétienté occidentale, le jeu " Fief " de D. Sestier n'est possible que si le cours avance. Il est ainsi perçu comme un élément essentiel à la poursuite du jeu, il donne du sens au contenu et l'élève le reçoit positivement, rien de tel pour apprendre ! Ensuite, il est possible, par ce biais, de travailler des sujets austères. Par exemple, sur le thème de la religion des Hébreux en 6e , les élèves sont amenés à créer des questions à partir de la leçon du manuel et de rédiger la réponse afin de "coller" leurs camarades. Ainsi, l'élève s'approprie le cours sans s'en rendre compte, avec le sourire. L'effort coûte moins, même s'il est plus que jamais nécessaire. En effet, le jeu ne supprime pas l'effort et le travail personnel. Bien au contraire, de nombreux élèves habituellement passifs et attentistes se prennent au jeu (sans jeu de mot). Simplement, voyant un intérêt immédiat à leur travail, ils sont beaucoup moins avares d'efforts. Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait penser - et même ce que l'on entend dire ici ou là ! - le jeu pédagogique ne supprime pas l'effort mais au contraire amène à la recherche, à la réflexion et au travail de nombreux élèves à qui ces notions sont le plus souvent étrangères.
Le jeu présente-t-il des inconvénients ? Certes, mais peu au regard des avantages. La gestion du bruit ou plutôt des réactions des élèves demande un peu de fermeté et de prévoir des règles spécifiques (tour passé ou amendes).
Enfin quelques conseils :
- Eviter les jeux " bout de papier ", pour rendre le jeu crédible pédagogiquement, il est préférable de soigner son aspect extérieur et ses règles. En conséquence, mieux vaut s'entraider et travailler en équipe ou en réseau pour ne pas passer trop de temps à sa conception et à la réalisation matérielle.
- Prévoir en fin de séance une trace écrite (texte à trous par exemple) afin que les élèves sachent quelles sont les notions à connaître et ainsi les rassurer .
- Enfin, expliquer dès le début de l'année aux parents, les intérêts du jeu dans la pédagogie. Vous passerez moins pour des "rigolos" ou des "animateurs-jeu". En général les parents apprécient que les enseignants innovent.
En conclusion, cette expérience m'a permis de diversifier ma pédagogie, d'appréhender mes élèves différemment et m'a donnée un nouvel élan professionnel.
Corinne
Vivien , collège Guy de Maupassant Saint Martin de
Fontenay
février 2003.
par Yvan Hochet, co-animateur du réseau.
Une des principales réticences pour ceux qui veulent se lancer dans le jeu en classe est l'appréhension des réactions des "autres". Alors, l'enfer, c'est les autres ?
Les élèves ? Bien évidemment, les élèves sont loin d'être négatifs quand on joue en classe. Il est fréquent qu'ils demandent à recommencer, voire à rester pendant la récré pour finir (ce qui m'arrive assez rarement lors des cours plus ordinaires...). Quand, en plus, ils se rendent compte que le jeu n'est pas gratuit mais qu'il permet d'apprendre et de comprendre, ils sont reconnaissants ! (démarche assez rare habituellement, là aussi). Une citation : "on en refait une, Monsieur ?" (avec les yeux qui brillent).
L'administration ? Nous n'avons eu aucun cas dans le réseau de critique ou, pire, de blocage, de nos administrations. Celles des établissements sont au contraire la plupart du temps intéressées par cette démarche ludique et reconnaissent la part d'innovation (et de travail) que cela implique. Au pire et très rarement, c'est une indifférence polie ou un scepticisme souriant mais ouvert. Quant à notre inspection, elle nous a soutenus dès le début en permettant d'abord une publication, puis l'organisation de stages et enfin l'accueil de ce site sur le serveur du rectorat. Une citation : "J'aime beaucoup ce que vous faites" (avec une poignée de mains).
Les parents ? A notre grande surprise, les retours que l'on a sont toujours positifs. Jamais (on le jure !), un parent d'élève ne nous a critiqués pour avoir joué en classe. Au contraire, ils sont ravis que leurs enfants soient contents d'avoir vécu une ou plusieurs séances sortant de l'ordinaire. Une citation : "J'aurais bien aimé apprendre l'histoire comme ça !" (avec un air nostalgique)
Les associations autour de l'éducation et mouvements de jeunes ? Ils ne voient pas dans le réseau une concurrence mais bel et bien une certaine satisfaction de voir leurs idées entrer dans la forteresse de l'Education Nationale. C'est d'ailleurs la Ligue de l'Enseignement qui a récompensé le réseau en 2000. Une citation : "ça fait 50 ans qu'on le propose !" (avec un air soulagé).
Personne ne critique la démarche, alors ? Malheureusement, si...
Passons rapidement sur celles des nouveaux amuseurs publics que sont devenus nos grands intellectuels, anciens révolutionnaires chevelus, transformés avec pas mal d'argent et de rides en thuriféraires d'un retour à l'ordre paternaliste et d'une mythique République pure et dure. "La vieillesse est un naufrage", disait le général... CQFD. En ce moment, ils ont le vent en poupe et on retrouve certains de leurs anathèmes dans les "yaka" du discours ambiant sur l'Education Nationale. Ils vont finir par nous expliquer qu'il nous faudrait une bonne guerre. Une citation : "c'était mieux de mon temps" (en tapant du poing sur le bureau de style Second Empire).
Les critiques les plus directes et les plus décevantes, à notre plus grande surprise, proviennent surtout des collègues, toutes disciplines confondues, de tous âges et des deux sexes (la parité est parfaitement respectée), qui, dans l'exaltation de la salle des profs ou d'une réunion passionnante se permettent parfois de juger rapidement une démarche que, visiblement, ils ne connaissent pas. Après tout, ces collègues ont sûrement raison, ils sont d'ailleurs si parfaits... Une citation : "moi, monsieur, je ne fais pas de l'animation démagogique ! Moi, monsieur, je fais travailler mes élèves !" (avec un air convaincu et la tête légèrement en arrière).
Une question en guise de conclusion : quelle réaction vaut-elle vraiment le coup d'être prise en compte ?
Pour réagir : Yvan Hochet
Chers collègues
J'ai testé en 3ème le jeu de la navette parlementaire avec plaisir. Les années passées, j'avais trouvé très rébarbative cette séance où il faut faire comprendre aux élèves comment est faite la loi. Ma classe faible, en particulier a très bien joué le jeu. J'ai distribué simultanément aux députés et aux sénateurs les deux exemples que vous proposez, et les débats ont été très riches. Ils arrivent à un système de quotient familial plus ou moins élaboré pour les cantines scolaires. En revanche, il a été assez délicat de reformuler en entier un projet de loi satisfaisant sur les conditions d'accès à la nationalité française. Mais la loi, il faut parfois des mois pour qu'elle soit écrite et votée!
J'ai
fait le jeu de la savane parouca en
6ème. Pour moi c'était des coups d'essai donc le
fait de trouver des fiches,
c'est super. Cela permet d'essayer sans trop de préparation.
En revanche
je fais souvent des jeux d'émulation, type
questions-réponses, sous diverses
formes, notamment en 6ème.
Et ils en redemandent !
Merci,