La nécessité pour les ministères de l’Éducation et de la Culture de travailler ensemble est
régulièrement réaffirmée comme une priorité. Le réseau des galeries, désormais
réseau d’espaces art actuel en collèges et lycées de Basse-Normandie, est depuis treize ans le laboratoire et le lieu exemplaire de la possibilité de cette coopération.
La fréquentation des oeuvres suscite le désir d’apprendre. L’école doit être ce temps entre la petite enfance et l’âge adulte consacré à tisser des liens avec l’humanité dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus stimulant. Pour l’Éducation nationale, la culture dans son acception la plus large
donne sens aux apprentissages, elle les inscrit dans un contexte, permet de les hiérarchiser, de les insérer dans la chronologie des préoccupations des hommes.
Les artistes d’aujourd’hui réactualisent sans cesse une dimension singulière et essentielle de la condition humaine. Ils proposent leurs questionnements, leurs hypothèses, leurs tentatives de réponses, leur humour et leur humeur, leur fragilité et la gravité de leur projet. Leur professionnalisme toujours.
Le réseau des galeries est depuis treize ans le lieu dans lequel se tisse ce lien entre les artistes et les jeunes, où les oeuvres viennent sur les territoires des établissements scolaires, où l’art vivant rencontre l’ensemble de la communauté éducative.
Parce qu’il respecte l’identité de chacun,
c’est un espace en réseau exemplaire.
Les artistes sont présents au nom de leur travail d’artistes, ils témoignent de ce travail, de l’engagement qu’il requiert. Ils sont au contact de leur public, dans une proximité chaleureuse,
valorisante, qui porte sur le sens de leur oeuvre. Ils vont là où ils n’iraient pas en dehors de ce réseau.
Les équipes éducatives étroitement associées au choix des artistes sont dans leur rôle de passeur. Elles trouvent
là un bel objet à interroger.
L’oeuvre comme la démarche de
l’artiste deviennent une stimulation pour explorer de nouveaux territoires, renouveler les enseignements, ou en valoriser certains, comme celui de l’Histoire des arts, qui fait son entrée cette année dans les collèges de
l’académie.
Les établissements ont l’opportunité rare de s’ouvrir sur leur environnement proche, d’assumer une vocation culturelle qui devrait de plus en plus devenir la leur.
Cette année, l’exposition inaugurale est accueillie avec générosité par le Manoir du Tourp, situé à Omonville-la-Rogue. Nous les remercions de leur accueil et de la possibilité qu’ils offrent de faire connaître le réseau et les oeuvres en prolongeant l’exposition inaugurale jusqu’en décembre.
Micheline HOTYAT
Recteur de l’Académie de Caen,
Chancelier de l’Université
Kléber ARHOUL
Directeur régional des affaires culturelles
de Basse-Normandie